.: biographie :.

 

 

 




J'ai passé toute mon enfance à la campagne, en Vendée, où mon père était agriculteur.
Intéressé très tôt par l'art en général, je décide d'aller étudier les Arts Graphiques à Paris où je suis élève de l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de 1973 à 1977.
Parallèlement, je découvre le yoga grâce à ma grand-mère qui m'offre mon premier livre (André Van Lysbeth : j'apprends le yoga).
A la fin de mes études, je vais passer toute une année en Inde où je découvre une forme de peinture différente de celle que mes professeurs m'avaient enseignée à Paris. Richesse et précision des miniatures, symbolisme d'un art religieux aux antipodes de l'art sacré occidental, art populaire éphémère qui fait partie de la vie quotidienne : décoration des camions, rickshaws, maisons, diagrammes de protection devant les habitations dans tout le Sud (Rangoli, Kollams) et surtout les grands mandalas qui ornent les plafonds des temples. A l'issue de ce séjour, je passe plusieurs mois en contact avec la culture tibétaine dans le nord de l'Inde, au Ladakh et au Népal. J'y découvre une autre forme de pratique des mandalas, hautement symbolique et ritualisée. Ce voyage en Inde, ainsi que les nombreux qui vont suivre, seront aussi l'occasion de me former au yoga, en particulier à l'ashram de Swami Shivananda à Rishikesh et auprès d'un de ses disciples, Srimahant Swami Ganeshanand Giri que je vais continuer à fréquenter régulièrement jusqu'à son décès en 1986. Encouragé par lui, je commence à enseigner le yoga en Vendée en 1980, activité que je vais poursuivre jusqu'en 1996.
Pendant toute cette période, je continue à m'intéresser aux mandalas et à en dessiner. Je découvre toute une littérature consacrée à cette pratique, en particulier les travaux de C.G.Jung. Tout un horizon s'ouvre à moi quand j'apprends qu'il utilise le mandala comme outil thérapeutique.
Je prends conscience que cette création centrée n'est pas du tout l'apanage des peuples d'orient et qu'elle est présente dans toutes les cultures et sur tous les continents. Je découvre avec émerveillement les mandalas en sable de aborigènes australiens et des shamans amérindiens, l'omniprésence des images centrées dans l'art africain, les découpages suisses, les croix chrétiennes, les arabesques qui décorent les Corans, les entrelacs celtiques, les labyrinthes et les rosaces des cathédrales, l'architecture de Borobudur, etc.
C'est avec Marie Pré que j'ai commencé à expérimenter le mandala en tant qu'outil pédagogique et thérapeutique. Institutrice de formation, Marie Pré était une des pionnières de l'introduction du coloriage de dessins centrés dans le monde scolaire. Sa pratique es ses recherches l'ont amenée à comprendre que le coloriage d'un mandala constituait une activité de bien-être et de relaxation, alors que la création d'un mandala provoquait un certain remue-ménage, dans la mesure où elle nous oblige à un re-centrage accéléré qui nous met en contact avec les zones d'ombres de notre personnalité. Le cheminement que j'ai pu faire à ses côtés m'a fait comprendre l'idée que la création à l'intérieur d'une structure centrée était un rappel de notre propre incarnation, car nous sommes issus d'une cellule unique, conjonction du matériel génétique de nos deux parents. Cette cellule de conception est le support de notre projet de vie, de notre vocation, et détermine l'orientation de cette vie. En nous connectant avec cette cellule, nous pouvons aller chercher des informations au sujet des mémoires inconscientes qui nous habitent.
En 1994 est publié l'album de coloriage « Rosaces » où je reprends les structures des plus belles roses des cathédrales françaises pour les proposer à la mise en couleurs. Depuis, je continue avec bonheur à créer des mandalas en noir et blanc, ou à en rapporter de mes voyages. Les retours qui me sont faits des personnes qui s'adonnent ponctuellement ou régulièrement à cette activité, sont de plusieurs ordres : installation durable d'un état de relaxation, recentrage qui conduit à une meilleure présence à soi-même et concentration, éveil de la créativité.
Je continue à pratiquer le Mandala, non pas tant comme une discipline, mais plutôt comme un jeu et un plaisir, de plus en plus conscient que cette forme centrée nous met en contact avec les grandes lois de l'univers.
Christian PILASTRE

Conférence de présentation de l'édition espagnole des "mandalas du coeur" à la Librairie Excellence de Barcelone.

A Barcelone, devant les mandalas en mosaïque de Gaudi.